Bilan mi-saison : analyser et adapter ses stratégies pour maximiser son tableau de chasse #
Plan de l'article
- Bilan mi-saison : analyser et adapter ses stratégies pour maximiser son tableau de chasse
- Interpréter les indicateurs clés pour mesurer les performances actuelles
- Décrypter l’évolution des conditions et ajuster la répartition des efforts
- Affiner ses stratégies d’approche et de sélection
- Renforcer la diversification des canaux et des pratiques
- Optimiser la prise de décision grâce à un suivi régulier et un feedback précis
Interpréter les indicateurs clés pour mesurer les performances actuelles #
À mi-parcours d’une campagne, la matière la plus fiable dont disposent les chasseurs est celle qu’ils ont eux-mêmes enregistrée : carnet de prélèvements, retours de plan de chasse, comptes rendus de sortie. Les chiffres agrégés, eux, sont publiés par les fédérations départementales, chacune pour son territoire et selon son propre calendrier, et ils ne se transposent pas d’un département à l’autre. Ce bilan explique comment lire ces deux sources, ce que la réglementation impose de déclarer, et où vérifier ce qui s’applique réellement chez vous, auprès de votre fédération départementale.
- Chevreuil : taux de réalisation de 88,5 %, contre 91,9 % la saison précédente, pour 5 666 attributions et de l’ordre de 5 014 prélèvements enregistrés.
- 14 unités de gestion affichent un taux de réalisation inférieur à 85 %, contre 10 en 2023/2024 et 3 en 2022/2023.
- Sanglier : 4 470 prélèvements enregistrés au 2 avril, soit + 337 par rapport à la saison 2023/2024 et + 1 134 par rapport à 2022/2023.
- Lièvre : 9 373 attributions pour environ 6 551 prélèvements, soit un taux de 70 %, contre 75 % la saison précédente.
Décrypter l’évolution des conditions et ajuster la répartition des efforts #
Le cadre dans lequel vous ajustez vos sorties est départemental et annuel. L’arrêté préfectoral d’ouverture et de fermeture doit intervenir au moins sept jours avant le début de chaque campagne cynégétique, et les nombres minimal et maximal d’animaux qu’il fixe s’imposent aux plans de chasse individuels : c’est ce que prévoit l’article R. 425-2 du code de l’environnement, en vigueur. Ce document, et lui seul, dit ce qui est ouvert, quand, et sous quelles conditions.
Un exemple vérifiable : dans l’Hérault, l’arrêté d’ouverture et de fermeture pour la campagne 2022-2023 ouvrait la chasse du sanglier à l’approche et à l’affût du 1er juin 2022 au 10 septembre 2022, l’ouverture générale intervenant le 11 septembre. Un dispositif de ce type se décide département par département et se rejoue chaque année : il ne se déduit ni d’une pratique régionale, ni de ce qui s’est fait la saison précédente.
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Affiner ses stratégies d’approche et de sélection #
À mi-saison, la donnée la plus utile est celle que vous produisez vous-même. Le préfet peut imposer au bénéficiaire d’un plan de chasse individuel de tenir à jour un carnet de prélèvements, de déclarer chaque animal prélevé dans un délai déterminé après la réalisation du tir, d’en conserver une partie pendant une période déterminée ou de le présenter à un agent désigné (article R. 425-12 du code de l’environnement, en vigueur). Tenu sérieusement, ce carnet devient aussi un outil d’analyse : il porte la date, le secteur, le mode de chasse et l’issue de chaque sortie.
L’ajustement se fait alors sur des faits, pas sur des moyennes. Comparez vos propres secteurs entre eux plutôt que votre territoire à une statistique nationale. Regardez la répartition des sorties infructueuses dans la journée avant de déplacer un poste. Notez ce qui a réellement changé — accès, cultures récoltées, dérangement — plutôt que ce qui est supposé changer. Et gardez à l’esprit qu’aucun « taux de réussite de référence » n’est publié pour l’affût ou l’approche : s’en donner un revient à inventer la mesure à laquelle on se compare.
Renforcer la diversification des canaux et des pratiques #
La diversification des pratiques est un objectif inscrit dans les schémas départementaux de gestion cynégétique. Celui du Lot, par exemple, range parmi ses actions « promouvoir la diversité des modes de chasses, promouvoir le chien de chasse » et rattache la chasse accompagnée à l’accueil des nouveaux arrivants. Une précaution s’impose toutefois sur la version citée : le schéma 2019-2025 n’est plus le cadre applicable, l’arrêté approuvant le schéma 2025-2031 ayant été signé le 21 juillet 2025 par la préfète du Lot.
Un schéma départemental n’est pas un catalogue de recettes transposables. Il fixe des orientations pour un département donné et pour une durée donnée, aujourd’hui six ans. Avant de reprendre l’une de ses mesures comme un principe général, vérifiez qu’elle figure bien dans le schéma en vigueur de votre propre département : deux départements voisins peuvent parfaitement ne pas être sur le même texte, ni au même stade de renouvellement.
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Optimiser la prise de décision grâce à un suivi régulier et un feedback précis #
La déclaration des prélèvements n’est pas une formalité de fin de campagne, et elle obéit à deux règles superposées qu’il vaut mieux ne pas confondre. Au niveau national, le code de l’environnement prévoit que, dans les dix jours suivant la clôture de la chasse de l’espèce en cause, tout bénéficiaire d’un plan de chasse individuel transmet à sa fédération le nombre d’animaux prélevés (article R. 425-13, en vigueur).
Au niveau départemental, l’article R. 425-12 permet au préfet d’exiger une déclaration bien plus rapide : la Fédération départementale des chasseurs de la Vendée rappelle ainsi qu’il est obligatoire de lui retourner l’information d’un prélèvement dans les 72 heures, le non-respect de ce délai pouvant entraîner une contravention de la 3e classe (article R. 428-14, en vigueur). C’est la règle départementale, la plus stricte des deux, qu’il faut connaître et appliquer.
Côté outils, l’application ChassAdapt, éditée par la Fédération nationale des chasseurs, permet de déclarer ses prélèvements depuis le terrain, y compris hors couverture réseau, et de suivre la consommation de son quota personnel. Des dispositifs de repérage comme le Garmin Alpha 200i enregistrent par ailleurs les déplacements sur le terrain : ce sont des équipements de suivi, pas des producteurs de statistiques. Ni l’un ni l’autre ne remplacent le carnet de prélèvements et l’arrêté préfectoral, qu’ils se contentent d’alimenter.
- Les seuls chiffres opposables sont ceux que publie votre fédération départementale, datés et rattachés à un territoire précis.
- Un total provisoire ne se soustrait pas d’une variation pour reconstituer l’année précédente.
- L’arrêté préfectoral annuel prime sur toute pratique observée ailleurs ou l’année d’avant.
- Le délai de déclaration national est de dix jours après la clôture ; votre département peut en imposer un bien plus court.
Existe-t-il un taux de réussite moyen par sortie à l’affût ?
Où trouver le bilan de mon département ?
Un schéma départemental de gestion cynégétique reste-t-il valable indéfiniment ?
- Bilans de plan de chasse, Fédération départementale des chasseurs de la Vendée, 4 avril 2025.
- Arrêté préfectoral d’ouverture et de fermeture de la chasse 2022-2023, préfecture de l’Hérault.
- Approbation du schéma départemental de gestion cynégétique 2025-2031, services de l’État dans le Lot, mis à jour le 24 juillet 2025.
- ChassAdapt, Fédération nationale des chasseurs.
- Code de l’environnement, articles L. 425-6, R. 425-2, R. 425-12, R. 425-13 et R. 428-14, dans leur rédaction en vigueur.

