La Fédération de pêche du Gard : comment pratiquer la pêche de manière responsable et durable ?

Bon à savoir sur la vidéo ci-dessus
Cette vidéo n’émane ni d’une institution publique ni des fédérations de pêche. L’oEmbed de YouTube donne pour author_url la chaîne Preston Innovations France, qui se présente elle-même comme celle d’une marque de matériel de pêche. Elle porte sur une technique d’amorçage, sans rapport avec le fonctionnement des institutions décrit ici. Aucun partenariat ne lie ce site à cette marque, et aucune rémunération n’est perçue à ce titre.

Dans chaque département, une fédération unique regroupe les associations locales de pêcheurs — le schéma vaut aussi pour la chasse. Celle du Gard porte un nom d’usage court, « Fédération de pêche du Gard », et un nom institutionnel plus long, « Fédération départementale de la pêche et de la protection du milieu aquatique du Gard », abrégé FDAAPPMA30. Mais la question que se pose un pêcheur n’est pas seulement « qui est-ce ? » : c’est « qu’est-ce que j’ai le droit de faire, où, quand, et avec quoi ? ». Les réponses ne sont pas fixées par la fédération : elles sont dans le code de l’environnement et dans l’arrêté du préfet.

La réponse courte
Pour pratiquer la pêche en eau douce, l’article L. 436-1 du code de l’environnement impose trois conditions cumulatives : être membre d’une association agréée de pêche et de protection du milieu aquatique (AAPPMA), avoir versé sa cotisation statutaire, et s’être acquitté de la redevance pour protection du milieu aquatique. C’est ce triptyque que l’on appelle couramment « la carte de pêche » — l’expression ne figure pas dans le code. Seule exception prévue par le texte : la journée annuelle de promotion de la pêche, fixée par arrêté ministériel.
Pêcher sans remplir ces conditions est puni de l’amende des contraventions de 3e classe (R. 436-3, alinéa 1) ; les avoir remplies mais ne pas porter son justificatif relève des contraventions de 1re classe (alinéa 2). L’article 131-13 du code pénal plafonne la première à 450 € et la seconde à 38 €.

Les enjeux de la pêche durable #

La pêche de loisir en eau douce est encadrée par un ensemble de règles dont la logique est simple : laisser aux populations de poissons le temps et la taille nécessaires pour se reproduire, et empêcher que l’activité déplace des espèces d’un milieu à l’autre. Le code de l’environnement traduit cette logique en quatre leviers : des périodes d’ouverture, des heures légales, des tailles minimales de capture et des nombres maximaux de prises. Aucun de ces quatre leviers n’est laissé à l’appréciation du pêcheur, et aucun n’est décidé par sa fédération.

Le quatrième levier, moins connu, vise les espèces dites susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques. L’article L. 432-10 punit de 9 000 € le fait d’introduire de tels poissons dans les eaux libres, et le décret D. 432-5 en fixe la liste : le poisson-chat (Ameiurus melas), la perche soleil (Lepomis gibbosus), et le silure glane — ce dernier uniquement dans les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, ce qui exclut le Gard, rattaché au bassin Rhône-Méditerranée.

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Adopter les bonnes pratiques de pêche #

Choisir la bonne technique — et vérifier ce qu’elle autorise

Le choix d’une technique n’est pas seulement une affaire d’efficacité : certains appâts sont interdits. L’article R. 436-34 proscrit l’emploi des œufs de poissons comme appât ou comme amorce dans tous les cours d’eau et plans d’eau, et celui des asticots et autres larves de diptères dans les eaux de 1re catégorie, le préfet pouvant y autoriser l’asticot sans amorçage. L’article R. 436-35 ajoute qu’on ne peut appâter ni avec des poissons n’ayant pas la taille requise, ni avec des espèces protégées, ni avec la civelle, l’anguille ou sa chair. Pour un panorama des techniques pratiquées localement, la Fédération de pêche du Gard publie une page dédiée à l’ouverture.

Respecter les périodes, et les heures

Dans les eaux de 1re catégorie, la pêche est ouverte du deuxième samedi de mars au troisième dimanche de septembre inclus (R. 436-6), l’ombre commun faisant exception du troisième samedi de mai au troisième dimanche de septembre ; tout brochet capturé entre l’ouverture et le vendredi précédant le dernier samedi d’avril doit être immédiatement remis à l’eau. Dans les eaux de 2e catégorie, la pêche est autorisée toute l’année, sauf pour le brochet, l’ombre commun et les salmonidés (R. 436-7). Quelle que soit la catégorie, l’article R. 436-13 interdit de pêcher plus d’une demi-heure avant le lever du soleil ni plus d’une demi-heure après son coucher. Le préfet peut prolonger la période d’ouverture d’une à trois semaines par arrêté motivé : les dates réellement applicables dans le Gard se lisent donc dans l’arrêté départemental de l’année, et non dans le code seul.

Éviter la capture excessive : les nombres existent

Tailles minimales (R. 436-18) et nombres maximaux (R. 436-21)
RègleValeur fixée par le décret
Brochet0,50 m
Sandre (2e catégorie)0,40 m
Black-bass (2e catégorie)0,30 m
Ombre commun0,30 m
Truites autres que truite de mer, omble, omble chevalier0,23 m
Salmonidés, par pêcheur et par jour10 captures
Brochets, 1re catégorie, par pêcheur et par jour2 captures
Sandres, brochets et black-bass, 2e catégorie, par jour3 captures, dont 2 brochets au maximum
La longueur se mesure du bout du museau à l’extrémité de la queue déployée. Un poisson sous la taille requise doit être remis à l’eau immédiatement. Le préfet peut diminuer ces nombres par arrêté motivé lorsque le milieu le justifie : ce tableau donne le plancher national, pas la règle gardoise du jour.

La remise à l’eau volontaire, souvent appelée « no-kill », n’est pas un statut juridique : l’expression est absente du code, qui emploie la formule « remis à l’eau immédiatement après leur capture ». Elle mérite une nuance que l’on lit rarement : l’article L. 432-10 écarte expressément le délit d’introduction lorsque la remise à l’eau est immédiate, sauf si le poisson appartient à une espèce figurant sur la liste de l’article L. 411-5. Relâcher n’est donc pas toujours le geste neutre que l’on croit.

Favoriser la sensibilisation et l’éducation #

La fédération du Gard fait fonctionner une École de Pêche Fédérale, qui initie les jeunes une à deux fois par mois et sous forme de stages pendant les vacances scolaires, avec des animateurs titulaires du BPJEPS Pêche de loisir. Les Ateliers Pêche Nature, eux, sont organisés par les AAPPMA : ce sont des écoles de pêche locales, sur inscription à l’année auprès de l’association de son secteur. La distinction compte pour qui cherche où inscrire un enfant, car on ne s’adresse pas au même interlocuteur. Pour les initiatives éducatives et les rendez-vous à venir, la fiche de la Fédération de pêche du Gard tenue par l’Agence régionale de la biodiversité d’Occitanie recense les coordonnées et le périmètre d’action.

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Protéger les milieux aquatiques #

L’outil central n’est pas une charte mais un document opposable : le plan départemental de protection du milieu aquatique et de gestion des ressources piscicoles, prévu par l’article L. 433-4. Le code confie son élaboration à la fédération départementale, impose sa compatibilité avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, et le fait approuver par le préfet. Le Gard dispose du sien pour la période 2024-2029, publié en ligne par la fédération. Le sigle « PDPG », d’un usage courant dans le métier, n’apparaît nulle part dans le code : seule l’expression développée y figure.

Le financement suit un circuit qu’il vaut mieux connaître avant de commenter le prix d’une carte. La redevance pour protection du milieu aquatique est établie et perçue par l’agence de l’eau (L. 213-10) ; les fédérations départementales en sont les collecteurs pour son compte (L. 213-10-12). Les plafonds légaux sont de 10 € par an pour une personne majeure, 4 € pour sept jours consécutifs, 1 € à la journée, avec un supplément annuel de 20 € pour la pêche de l’alevin d’anguille, du saumon et de la truite de mer. Sur la gestion durable des milieux, la revue Pêche Mag n° 10, daté du printemps 2012, consacrait son dossier à la continuité écologique.

Conclusion : Un engagement collectif #

Pêcher de manière responsable dans le Gard tient en un geste et une habitude. Le geste : être en règle avant de monter la canne, c’est-à-dire adhérent, à jour de cotisation et de redevance. L’habitude : vérifier chaque année les dates, les tailles et les nombres applicables au cours d’eau visé, parce que le préfet les module. La fédération publie à cet effet un guide réglementaire annuel ; le guide réglementaire FD30 du millésime 2024, en PDF reste consultable, mais c’est le guide de l’année en cours, et l’arrêté préfectoral qui le fonde, qui font foi.

Qui fait quoi : AAPPMA, fédération départementale, fédération nationale #

ÉchelonCe que le code lui confie
AAPPMA
association locale
Association de la loi du 1er juillet 1901, à statuts types, dont l’agrément est délivré par le préfet (R. 434-26) au vu des droits de pêche détenus, du nombre d’adhérents et de l’aptitude à exercer ses missions. Elle contribue à la surveillance de la pêche, exploite ses droits de pêche, participe à la protection du patrimoine piscicole et conduit la gestion piscicole (L. 434-3). C’est à elle qu’on adhère (R. 434-25).
Fédération départementale
ici la FDAAPPMA30
Regroupement obligatoire des associations du département (L. 434-3). Elle « a le caractère d’établissement d’utilité publique » (L. 434-4) — formule propre à la pêche, à ne pas confondre avec une reconnaissance d’utilité publique. Elle met en valeur et surveille le domaine piscicole départemental, coordonne les AAPPMA, mène des actions d’information et d’éducation, et élabore le plan départemental (L. 433-4). Elle collecte la redevance pour le compte de l’agence de l’eau.
Fédération nationale
la FNPF
Le code la nomme « Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu aquatique » (L. 434-5) ; elle se présente au public sous le nom de Fédération nationale de la pêche en France. Même caractère d’établissement d’utilité publique. Elle gère le site d’adhésion des pêcheurs, collecte le montant global des cotisations et assure une péréquation entre fédérations départementales. Elle est consultée sur les mesures réglementaires concernant la pêche de loisir — consultée, donc, et non décisionnaire.

Aucun de ces trois échelons n’édicte la réglementation de la pêche. Les périodes, les heures, les tailles, les nombres et les procédés sont fixés par décret, au niveau national, et modulés par arrêté du préfet au niveau départemental. C’est une distinction utile : elle explique pourquoi deux départements voisins peuvent afficher des dates différentes, et pourquoi le guide d’une fédération renvoie toujours, en dernier ressort, à un arrêté. Le schéma, lui, est identique partout : on le retrouve chez la fédération de pêche du département 79 comme dans le Gard.

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Ce que nous n’avons pas pu vérifier
L’entité existe : elle est immatriculée sous le SIREN 775 914 864, état actif, association déclarée, au 34 rue Gustave Eiffel, ZAC de Grézan à Nîmes, et porte le numéro RNA W302002695. En revanche, le nombre d’associations locales qu’elle coordonne diffère selon la source consultée : 26 d’après son propre site, 25 d’après la fiche de l’Agence régionale de la biodiversité. Nous publions l’écart plutôt que d’arbitrer. Enfin, la mention d’un agrément « au titre de la protection de l’environnement » circule dans les annuaires, mais nous n’avons trouvé aucun acte administratif publié qui l’établisse : nous ne la reprenons pas. Le statut d’établissement d’utilité publique, lui, découle directement de la loi et n’a pas besoin d’acte individuel.

À retenir #

• Trois conditions cumulatives pour pêcher : adhésion à une AAPPMA, cotisation statutaire, redevance (L. 436-1).
• Pêcher sans les remplir : contravention de 3e classe, 450 € au plus. Sans porter son justificatif : 1re classe, 38 € au plus.
• Jamais plus d’une demi-heure avant le lever du soleil, ni plus d’une demi-heure après son coucher.
• Brochet 0,50 m, sandre 0,40 m, black-bass 0,30 m, truite 0,23 m ; 10 salmonidés par jour et par pêcheur.
• Œufs de poissons interdits comme appât partout ; asticots interdits en 1re catégorie sauf autorisation préfectorale.
• La fédération élabore le plan départemental et collecte la redevance ; elle ne fixe ni les dates ni les quotas.

Questions fréquentes #

Faut-il une carte de pêche pour un seul après-midi ?
Oui. L’article L. 436-1 ne prévoit pas de seuil de durée : les trois conditions valent dès la première ligne posée dans l’eau. Le code organise seulement des durées de redevance différentes, dont une redevance à la journée plafonnée à 1 €, ce qui suppose une adhésion et une cotisation correspondantes. La seule dispense prévue par le texte est la journée annuelle de promotion de la pêche.
Puis-je toujours remettre un poisson à l’eau ?
Un poisson sous la taille réglementaire doit l’être, immédiatement. Pour les autres, la remise à l’eau immédiate est expressément écartée du délit d’introduction par l’article L. 432-10 — sauf si l’espèce figure sur la liste de l’article L. 411-5. Cette liste est fixée par arrêté et nous ne l’avons pas dépouillée ici ; en cas de doute sur une espèce, l’AAPPMA ou la fédération sont les interlocuteurs à consulter avant de relâcher.
À qui s’adresse-t-on : l’association locale ou la fédération ?
On adhère à une AAPPMA, pas à la fédération : c’est ce que dit l’article R. 434-25 pour les pêcheurs amateurs. La fédération coordonne ces associations, élabore le plan départemental et collecte la redevance. Pour une école de pêche, l’École de Pêche Fédérale relève de la fédération, les Ateliers Pêche Nature des AAPPMA.
Pourquoi la vidéo de cette page vient-elle d’une marque ?
Parce qu’elle a été choisie automatiquement sur un mot-clé, et non sur le sujet. Son author_url est la chaîne Preston Innovations France, celle d’une marque de matériel de pêche. Nous la conservons pour ne pas modifier le contenu d’origine, et nous préférons le dire plutôt que de laisser croire à une source institutionnelle.

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