Dans chaque département, une fédération unique regroupe les associations locales de pêcheurs — le schéma vaut aussi pour la chasse. Celle du Gard porte un nom d’usage court, « Fédération de pêche du Gard », et un nom institutionnel plus long, « Fédération départementale de la pêche et de la protection du milieu aquatique du Gard », abrégé FDAAPPMA30. Mais la question que se pose un pêcheur n’est pas seulement « qui est-ce ? » : c’est « qu’est-ce que j’ai le droit de faire, où, quand, et avec quoi ? ». Les réponses ne sont pas fixées par la fédération : elles sont dans le code de l’environnement et dans l’arrêté du préfet.
Plan de l'article
Les enjeux de la pêche durable #
La pêche de loisir en eau douce est encadrée par un ensemble de règles dont la logique est simple : laisser aux populations de poissons le temps et la taille nécessaires pour se reproduire, et empêcher que l’activité déplace des espèces d’un milieu à l’autre. Le code de l’environnement traduit cette logique en quatre leviers : des périodes d’ouverture, des heures légales, des tailles minimales de capture et des nombres maximaux de prises. Aucun de ces quatre leviers n’est laissé à l’appréciation du pêcheur, et aucun n’est décidé par sa fédération.
Le quatrième levier, moins connu, vise les espèces dites susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques. L’article L. 432-10 punit de 9 000 € le fait d’introduire de tels poissons dans les eaux libres, et le décret D. 432-5 en fixe la liste : le poisson-chat (Ameiurus melas), la perche soleil (Lepomis gibbosus), et le silure glane — ce dernier uniquement dans les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, ce qui exclut le Gard, rattaché au bassin Rhône-Méditerranée.
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Adopter les bonnes pratiques de pêche #
Choisir la bonne technique — et vérifier ce qu’elle autorise
Le choix d’une technique n’est pas seulement une affaire d’efficacité : certains appâts sont interdits. L’article R. 436-34 proscrit l’emploi des œufs de poissons comme appât ou comme amorce dans tous les cours d’eau et plans d’eau, et celui des asticots et autres larves de diptères dans les eaux de 1re catégorie, le préfet pouvant y autoriser l’asticot sans amorçage. L’article R. 436-35 ajoute qu’on ne peut appâter ni avec des poissons n’ayant pas la taille requise, ni avec des espèces protégées, ni avec la civelle, l’anguille ou sa chair. Pour un panorama des techniques pratiquées localement, la Fédération de pêche du Gard publie une page dédiée à l’ouverture.
Respecter les périodes, et les heures
Dans les eaux de 1re catégorie, la pêche est ouverte du deuxième samedi de mars au troisième dimanche de septembre inclus (R. 436-6), l’ombre commun faisant exception du troisième samedi de mai au troisième dimanche de septembre ; tout brochet capturé entre l’ouverture et le vendredi précédant le dernier samedi d’avril doit être immédiatement remis à l’eau. Dans les eaux de 2e catégorie, la pêche est autorisée toute l’année, sauf pour le brochet, l’ombre commun et les salmonidés (R. 436-7). Quelle que soit la catégorie, l’article R. 436-13 interdit de pêcher plus d’une demi-heure avant le lever du soleil ni plus d’une demi-heure après son coucher. Le préfet peut prolonger la période d’ouverture d’une à trois semaines par arrêté motivé : les dates réellement applicables dans le Gard se lisent donc dans l’arrêté départemental de l’année, et non dans le code seul.
Éviter la capture excessive : les nombres existent
| Règle | Valeur fixée par le décret |
|---|---|
| Brochet | 0,50 m |
| Sandre (2e catégorie) | 0,40 m |
| Black-bass (2e catégorie) | 0,30 m |
| Ombre commun | 0,30 m |
| Truites autres que truite de mer, omble, omble chevalier | 0,23 m |
| Salmonidés, par pêcheur et par jour | 10 captures |
| Brochets, 1re catégorie, par pêcheur et par jour | 2 captures |
| Sandres, brochets et black-bass, 2e catégorie, par jour | 3 captures, dont 2 brochets au maximum |
La remise à l’eau volontaire, souvent appelée « no-kill », n’est pas un statut juridique : l’expression est absente du code, qui emploie la formule « remis à l’eau immédiatement après leur capture ». Elle mérite une nuance que l’on lit rarement : l’article L. 432-10 écarte expressément le délit d’introduction lorsque la remise à l’eau est immédiate, sauf si le poisson appartient à une espèce figurant sur la liste de l’article L. 411-5. Relâcher n’est donc pas toujours le geste neutre que l’on croit.
Favoriser la sensibilisation et l’éducation #
La fédération du Gard fait fonctionner une École de Pêche Fédérale, qui initie les jeunes une à deux fois par mois et sous forme de stages pendant les vacances scolaires, avec des animateurs titulaires du BPJEPS Pêche de loisir. Les Ateliers Pêche Nature, eux, sont organisés par les AAPPMA : ce sont des écoles de pêche locales, sur inscription à l’année auprès de l’association de son secteur. La distinction compte pour qui cherche où inscrire un enfant, car on ne s’adresse pas au même interlocuteur. Pour les initiatives éducatives et les rendez-vous à venir, la fiche de la Fédération de pêche du Gard tenue par l’Agence régionale de la biodiversité d’Occitanie recense les coordonnées et le périmètre d’action.
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Protéger les milieux aquatiques #
L’outil central n’est pas une charte mais un document opposable : le plan départemental de protection du milieu aquatique et de gestion des ressources piscicoles, prévu par l’article L. 433-4. Le code confie son élaboration à la fédération départementale, impose sa compatibilité avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux, et le fait approuver par le préfet. Le Gard dispose du sien pour la période 2024-2029, publié en ligne par la fédération. Le sigle « PDPG », d’un usage courant dans le métier, n’apparaît nulle part dans le code : seule l’expression développée y figure.
Le financement suit un circuit qu’il vaut mieux connaître avant de commenter le prix d’une carte. La redevance pour protection du milieu aquatique est établie et perçue par l’agence de l’eau (L. 213-10) ; les fédérations départementales en sont les collecteurs pour son compte (L. 213-10-12). Les plafonds légaux sont de 10 € par an pour une personne majeure, 4 € pour sept jours consécutifs, 1 € à la journée, avec un supplément annuel de 20 € pour la pêche de l’alevin d’anguille, du saumon et de la truite de mer. Sur la gestion durable des milieux, la revue Pêche Mag n° 10, daté du printemps 2012, consacrait son dossier à la continuité écologique.
Conclusion : Un engagement collectif #
Pêcher de manière responsable dans le Gard tient en un geste et une habitude. Le geste : être en règle avant de monter la canne, c’est-à-dire adhérent, à jour de cotisation et de redevance. L’habitude : vérifier chaque année les dates, les tailles et les nombres applicables au cours d’eau visé, parce que le préfet les module. La fédération publie à cet effet un guide réglementaire annuel ; le guide réglementaire FD30 du millésime 2024, en PDF reste consultable, mais c’est le guide de l’année en cours, et l’arrêté préfectoral qui le fonde, qui font foi.
Qui fait quoi : AAPPMA, fédération départementale, fédération nationale #
| Échelon | Ce que le code lui confie |
|---|---|
| AAPPMA association locale | Association de la loi du 1er juillet 1901, à statuts types, dont l’agrément est délivré par le préfet (R. 434-26) au vu des droits de pêche détenus, du nombre d’adhérents et de l’aptitude à exercer ses missions. Elle contribue à la surveillance de la pêche, exploite ses droits de pêche, participe à la protection du patrimoine piscicole et conduit la gestion piscicole (L. 434-3). C’est à elle qu’on adhère (R. 434-25). |
| Fédération départementale ici la FDAAPPMA30 | Regroupement obligatoire des associations du département (L. 434-3). Elle « a le caractère d’établissement d’utilité publique » (L. 434-4) — formule propre à la pêche, à ne pas confondre avec une reconnaissance d’utilité publique. Elle met en valeur et surveille le domaine piscicole départemental, coordonne les AAPPMA, mène des actions d’information et d’éducation, et élabore le plan départemental (L. 433-4). Elle collecte la redevance pour le compte de l’agence de l’eau. |
| Fédération nationale la FNPF | Le code la nomme « Fédération nationale de la pêche et de la protection du milieu aquatique » (L. 434-5) ; elle se présente au public sous le nom de Fédération nationale de la pêche en France. Même caractère d’établissement d’utilité publique. Elle gère le site d’adhésion des pêcheurs, collecte le montant global des cotisations et assure une péréquation entre fédérations départementales. Elle est consultée sur les mesures réglementaires concernant la pêche de loisir — consultée, donc, et non décisionnaire. |
Aucun de ces trois échelons n’édicte la réglementation de la pêche. Les périodes, les heures, les tailles, les nombres et les procédés sont fixés par décret, au niveau national, et modulés par arrêté du préfet au niveau départemental. C’est une distinction utile : elle explique pourquoi deux départements voisins peuvent afficher des dates différentes, et pourquoi le guide d’une fédération renvoie toujours, en dernier ressort, à un arrêté. Le schéma, lui, est identique partout : on le retrouve chez la fédération de pêche du département 79 comme dans le Gard.
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