Le 3 mai 2024, le préfet de l’Hérault s’est rendu sur le terrain pour superviser une opération de régulation du lapin de garenne, à l’est du département. Reste la question que le titre d’origine de cet article esquivait : quel acte, décidé par quelle autorité — et où en est le dossier aujourd’hui ?
- Quoi — une opération de régulation du lapin de garenne : capture d’une partie des animaux pour les relâcher sur des territoires dépeuplés, prélèvement de l’autre.
- Quand et qui — le 3 mai 2024, supervisée sur place par le préfet de l’Hérault, exécutée par des lieutenants de louveterie.
- Où — une douzaine de communes à l’est du département, autour de Montpellier.
- Le cadre juridique — dans l’Hérault, le lapin de garenne est classé ESOD (espèce susceptible d’occasionner des dégâts) par arrêté préfectoral. C’est cet arrêté renouvelé, et non une visite de terrain, qui encadre les destructions.
Plan de l'article
La montée des dégâts causés par les lapins dans l’Hérault #

Le point de départ est agricole, pas écologique : ce sont les cultures et les vignes qui sont rongées, et les exploitants qui encaissent la perte. Fin février 2023, la presse locale évoquait « plus de 1 400 hectares de cultures rongés » — seul ordre de grandeur que nous ayons pu rattacher à une source datée, et il remonte à 2023. Les automobilistes, eux, signalent une forte présence d’animaux en bord de route la nuit.
La cause matérielle la plus souvent citée n’est pas le comportement des lapins mais la chute de la pression de chasse. Le conseil municipal de Montpellier — et non la préfecture — a fait interdire la chasse sur des biens communaux ; sur ces surfaces, les populations se sont reconstituées sans régulation.
Les réponses administratives : qui décide quoi #

C’est le point sur lequel les récits se brouillent. Quatre acteurs interviennent, et ils n’ont pas les mêmes pouvoirs.
La fédération départementale des chasseurs et la chambre d’agriculture sont parties prenantes — la première assure notamment les reprises et les lâchers — mais aucune des deux ne prend l’arrêté. Attribuer la décision à l’une d’elles, ou au ministère, est une erreur de nature, pas un détail de vocabulaire.
Mesures adoptées pour contrôler la population de lapins #

Les comptes rendus de l’opération décrivent deux volets. D’une part la capture et le transfert : une partie des animaux est reprise vivante puis relâchée sur des territoires où l’espèce a disparu. D’autre part le prélèvement sur les secteurs les plus touchés, présenté comme inévitable faute de pouvoir déplacer tous les effectifs avant les récoltes.
Les perspectives : où en est le dossier en 2026 #
L’article d’origine annonçait « d’autres opérations similaires dans les semaines à venir ». C’est vérifiable aujourd’hui : le dossier ne s’est pas refermé. En mars 2026, le président de la FDSEA de l’Hérault appelait publiquement à une intervention de l’armée aux côtés des chasseurs, des louvetiers et des communes ; en mai 2026, la presse rapportait que la préfecture entendait intensifier les opérations de régulation.
À lire réglementation pêche écrevisse
Côté droit, le texte a changé depuis : au 1ᵉʳ septembre 2026, l’arrêté en vigueur est l’arrêté préfectoral ESOD 3ᵉ groupe 2026-2027, mis en ligne le 24 juin 2026 par la préfecture avec une plaquette dédiée au lapin de garenne. La préfecture de l’Hérault est aujourd’hui dirigée par une préfète : le « préfet » dont il est question ici est celui en fonction au printemps 2024.
- L’acte : une opération de régulation, le 3 mai 2024, supervisée par le préfet de l’Hérault et exécutée par des lieutenants de louveterie, sur une douzaine de communes à l’est du département.
- Le cadre : le classement du lapin de garenne en ESOD par arrêté préfectoral, au titre du 3ᵉ groupe défini par l’arrêté ministériel du 3 avril 2012.
- Aucune « solution ultime » n’a été annoncée ni trouvée : la situation était toujours active en 2026.
- Le texte à consulter aujourd’hui est l’arrêté ESOD 3ᵉ groupe 2026-2027 de la préfecture, pas cet article.
Questions fréquentes #
Le préfet a-t-il « déclaré la guerre » aux lapins ?
Le lapin de garenne est-il classé nuisible partout en France ?
Qui a interdit la chasse autour de Montpellier ?
Un particulier peut-il détruire des lapins sur son terrain dans l’Hérault ?
Note de mise à jour #
La version de mai 2024 intégrait deux vidéos, choisies automatiquement sur le seul mot « lapin ». Ni l’une ni l’autre n’avait de rapport avec l’opération décrite. Elles ont été retirées ; voici ce qu’elles pointaient réellement.
| Vidéo intégrée | Ce qu’elle est réellement |
|---|---|
| YouTube — watch?v=xYeWVWVQaVg | « Les Lapins crétins Invasion — Chasseur De Fantômes Crétins (S4E40) » : un épisode de série d’animation. Aucun lien avec l’Hérault. |
| TikTok — compte @nezurabbit (lien retiré) | La vidéo hommage d’un particulier à ses lapins de compagnie décédés : un contenu intime, qu’il n’y avait aucune raison d’associer à une opération administrative. |
- Préfecture de l’Hérault — Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) : arrêté ESOD 3ᵉ groupe 2026-2027 et plaquette lapin de garenne (consulté le 1ᵉʳ septembre 2026).
- Chasse Passion — « Le Préfet de l’Hérault sur le terrain… », 10 mai 2024, et « …la préfecture de l’Hérault classe le lapin ESOD », 1ᵉʳ mars 2023.
- Presse régionale et nationale, février 2024 (actu.fr, ici.fr, BFMTV) : le préfet demande à douze maires d’agir. Presse locale, 28 février 2023 (actu.fr) : « plus de 1 400 hectares de cultures rongés ».
- Presse agricole et cynégétique, mars-mai 2026 : appel de la FDSEA de l’Hérault à une intervention de l’armée ; intensification annoncée des opérations de régulation.

